Antonio ? Antonio

Mais c’est quelque fois au moment où tout semble perdu que la porte s’ouvre sur un autre horizon… Non ce n’est pas un autre horizon, c’est une dimension que l’on ne soupçonnait pas. Comme s’il fallait que tout, presque tout, se dissolve pour laisser la place à l’émergence de la dimension insoupçonnée. Car comment la voir si l’avant ne disparait pas.
Où tout nous semble… Car rien n’est jamais perdu, sauf dans les apparences par définition trompeuses, ces fantaisies auxquelles tu t’accroches comme si ta vie en dépendait, alors que ce n’est pas la vie, c’est encore moins la vie.
Dis-toi que quand tout te semble perdu, tu peux laisser la vague qu’aucune de tes plus belles espérances n’aurait pu envisagée te prendre.

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Oh, arrête ! Son regard se figea. Le temps que la voiture ralentisse, il fut trop tard. Moi, je me souvenais de ces fois où je lui demandais d’arrêter quand il allait trop vite. Et que ça lui plaisait quand je parlais avec cette voix-là. Et je me souvenais de ce jour où il n’avait pas freiné et qu’alors les flics lui avaient tiré dessus. Il ne s’était pas arrêté. Quand je dis : « Oh arrête » ce jour, bien des mois après, je ne savais pas à ce moment que c’était la dernière fois. Je venais de comprendre qu’il ne m’aimait pas, qu’il ne m’avais jamais aimée. Quand la voiture stoppa sa course, je pris mon téléphone, composai un numéro et dis : « Antonio ? Antonio… Tu peux venir me chercher. »

Tu fus étonné. Et cela me fit presque rire. Tu connaissais Antonio, tu le pensais sorti de ma vie depuis es années. Sauf que tu ne savais pas qu’il m’avait promis : « Si un jour, tu as besoin de moi, appelle-moi. » Et contrairement à toi, il avait eu confiance, de cette confiance qui dure toujours, sur laquelle le temps n’a pas de prise. Notre lien était éternel, puisqu’intemporel. Tu ignorais que ça existait, ce genre de liens. Tu ignorais que des gens se connaissaient de vies antérieures. Tu gardais ce visage face aux choses de la vie, ces choses que tu ne pouvais pas saisir.

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Pourquoi pleurer ?
Pour te montrer que je suis à fleur de peau, comme le funambule que nous avons vu hier au cirque, comme le clown qui crie : « Pauvre Rififi. » comme l’acrobate, tête en arrière dans le vide. C’est ça que j’aurais dû faire : saltimbanque dans un cirque itinérant. J’aurais pu pleurer sans avoir à me justifier, sans que ça paraisse louche d’être aussi nature.
Pourquoi pleurer ?
Pour te dire : »Console-moi Pardi ! »
C’est quand même fou que ce soit si dérangeant les larmes des gens.